
Comment entraîner un chien d’assistance au Québec (Guide étape par étape)
Il existe plusieurs organisations qui fournissent des chiens d’assistance déjà entraînés. Elles ont souvent un processus de sélection rigoureux et des listes d’attente très longues. Pour cette raison, plusieurs personnes choisissent d’entraîner leur propre chien d’assistance. On les appelle des « owner-trainers » (propriétaires-entraîneurs), et leur chien est un chien d’assistance entraîné par le propriétaire.
Cela ne rend pas leur chien moins crédible ni moins efficace dans son travail. Cependant, c’est un engagement à long terme qui demande beaucoup de travail, une structure claire, de la constance et des attentes réalistes.
Si vous êtes à Laval, Montréal ou ailleurs au Québec et que vous envisagez d’entraîner votre propre chien d’assistance, ce guide vous expliquera :
Les considérations légales
Le choix du bon chien
Les bases de l’entraînement
Les exigences d’accès public
Les délais et les coûts
Étape 1 : Comprendre les lois sur les chiens d’assistance au Québec
Au Québec, les chiens d’assistance sont protégés par la Charte des droits et libertés de la personne, qui protège les personnes en situation de handicap contre la discrimination.
Les personnes accompagnées de leur chien d’assistance ont le droit d’accéder aux lieux publics pour recevoir des biens et services, notamment :
commerces
restaurants
hôtels et hébergements touristiques
transports en commun et taxis
milieux de travail
lieux récréatifs
logements
Un commerce ne peut pas refuser l’accès à un chien d’assistance ni exiger des frais supplémentaires (ex. frais pour animaux de compagnie dans les hôtels). Si un lieu n’est pas accessible, le fournisseur doit faire un effort réel d’accommodement, sauf en cas de contrainte excessive.
Une contrainte excessive ne comprend pas :
une phobie
une préférence personnelle
un risque hypothétique (si le chien ne présente aucun comportement problématique)
une allergie
Des accommodements doivent être faits pour les deux parties.
Un chien d’assistance doit porter une identification visible (harnais, insigne ou foulard d’un organisme). La personne peut aussi présenter un document confirmant l’entraînement, mais ce n’est pas obligatoire et l’accès doit tout de même être accordé.
⚠️ Important : Un chien d’assistance en entraînement n’est pas considéré comme un chien d’assistance aux yeux de la loi et ne bénéficie pas automatiquement du droit d’accès.
Différences importantes
Chien d’assistance : entraîné pour atténuer le handicap d’une seule personne.
Chien de soutien émotionnel : non entraîné à des tâches spécifiques.
Chien de thérapie : entraîné pour offrir du soutien à plusieurs personnes.
Les chiens de soutien émotionnel et de thérapie ne sont pas protégés par les lois d’accès public.
Si vous prévoyez entraîner un chien d’assistance au Québec, comprendre vos droits et responsabilités légales est la première étape.
Site du governement du Quebec: Rôle et droit d’accès des chiens d’assistance
Étape 2 : Choisir le bon chien
Tous les chiens ne peuvent pas devenir chiens d’assistance. Les programmes professionnels ont environ 50 % de taux de réussite. Ce pourcentage est souvent plus bas en auto-entraînement.
Recherchez :
Tempérament stable et confiant
Non-réactivité aux humains et aux chiens
Bonne récupération après le stress
Motivation forte (nourriture ou jouets)
Focus naturel sur son humain
Moins de 4 ans
Races fréquemment utilisées au Canada :
Labrador Retriever
Golden Retriever
Caniche standard
Toute race peut être un chien d’assistance, tant qu’elle peut accomplir la tâche dont vous avez besoin. Par exemple, si vous avez besoin d’assistance à la mobilité, comme ouvrir et fermer des portes ou ramasser des objets comme votre téléphone ou vos chaussures — une petite race comme un chihuahua aurait de la difficulté à accomplir ces tâches. Il est important d’être réaliste quant à ce qu’ils peuvent faire pour vous.
Même en sélectionnant le candidat parfait et en suivant les étapes d’entraînement, cela ne signifie pas toujours qu’un chien réussira la formation et deviendra un chien d’assistance officiel. La partie avec laquelle la plupart des chiens ont de la difficulté est l’accès public.
Étape 3 : L'entraînement de base pour les chiots
Si vous élevez un chiot destiné à devenir chien d’assistance, la socialisation est essentielle. Cela donnera à votre chiot des compétences qui l’aideront tout au long de sa vie.
Entre 3 et 16 semaines se trouve la période critique de socialisation. C’est à ce moment que les chiots sont comme des éponges, absorbant tout et étant les plus disposés à sortir explorer. Il est très important de prioriser la socialisation et d’introduire votre chiot aux nombreux environnements et stimuli qu’il rencontrera dans sa vie quotidienne adulte, car cela joue un rôle majeur dans la stabilité à long terme.
Voici quelques éléments sur lesquels se concentrer :
Exposition à différentes surfaces, sons et endroits
Voir une variété de personnes et d’animaux
Renforcement de la confiance
Contrôle des impulsions
Focus / contact visuel
Entraînement à la cage
Si vous êtes situé à Laval ou Montréal, des cours chiots structurés qui priorisent une variété d’exercices de socialisation — pas seulement « l’obéissance » — sont des bases idéales pour de futurs chiens d’assistance. Apprenez-en davantage sur nos cours ici !
Étape 4 : Entraîner les compétences de base
Avant que l’entraînement aux tâches commence, votre chien d’assistance doit être capable de démontrer une variété de compétences — de façon fiable.
Les compétences de base incluent :
Un rappel fiable
La marche en laisse sans tension
Assis, couché et reste avec durée
Touch Pas
Se coucher calmement sous une table
Focus sur leur humain(e) dans des environnements distrayants
Pour l’accès public, votre chien d’assistance doit :
Rester calme et concentré dans les magasins
Se coucher tranquillement pendant les rendez-vous
Ignorer ou être neutre envers les étrangers et autres chiens
Récupérer rapidement après des bruits inattendus
Les propriétaires-entraîneurs doivent s’attendre à 12 à 24 mois d’entraînement constant avant d’atteindre ce niveau de fiabilité.
Étape 5 : Tests de santé et maturité physique
Avant un travail complet en public :
Radiographies hanches et coudes
Tests génétiques (selon la race)
Autorisation vétérinaire
La plupart des chiens atteignent leur maturité vers 18–24 mois.
Étape 6 : Entraînement à l’accès public
L’entraînement à l’accès public est l’une des étapes les plus difficiles de l’entraînement d’un chien d’assistance. C’est ici que la plupart des chiens échouent. Plusieurs environnements sont accablants et c’est là que les anxiétés et sensibilités ressortent. En tant qu’entraîneur de chiens d’assistance, une partie de mon travail consiste à réévaluer continuellement le chien dans divers contextes afin de m’assurer qu’il est non seulement fiable pour son futur rôle, mais aussi qu’il appréciera ce travail. Même de légères anxiétés peuvent s’aggraver avec le temps.
L’entraînement à l’accès public devrait inclure :
Entrer calmement dans les commerces
Prendre l’ascenseur
Se déplacer dans la foule
S’installer dans les restaurants
Ignorer la nourriture
Rester composé pendant de longs rendez-vous
Il est important de noter que les chiens qui ne réussissent pas l’accès public peuvent tout de même être des chiens d’assistance, mais à domicile. Cela signifie que votre chien accomplira toujours une variété de tâches pour vous, mais seulement à la maison. Ils sont toujours considérés comme des chiens d’assistance pour lesquels les lois concernant les accommodements en logement s’appliquent.
Étape 7 : Entraînement aux tâches pour chiens d’assistance
Un chien d’assistance doit être entraîné à accomplir un minimum de 3 tâches spécifiques qui atténuent le handicap de son conducteur. Ils peuvent aider pour une variété de handicaps incluant les troubles anxieux, l’autisme, la mobilité, l’audition et la vision.
Exemples de tâches de chiens d’assistance :
Pression profonde
Comportements d’alerte médicale
Ramasser des objets échoués
Alerte aux sons
Interrompre des comportements répétitifs ou anxieux
Les tâches doivent être claires, répétables et directement liées au handicap du person(ne).
Un accompagnement professionnel durant cette étape améliore significativement la fiabilité et la précision.
Combien de temps faut-il pour entraîner un chien d’assistance au Québec ?
La plupart des chiens d’assistance entraînés par leur propriétaire nécessitent :
12 à 18 mois ou plus d’engagement
Des centaines de séances d’entraînement structurées
Une exposition constante au monde réel
L’entraînement d’un chien d’assistance exige patience, planification et encadrement éthique afin d’assurer la sécurité et le bien-être du chien et de son conducteur.
FAQs
Les chiens d’assistance ont-ils besoin d’une certification au Québec ?
Il n’y a pas de certification provinciale obligatoire.
Un propriétaire peut-il refuser un chien d’assistance au Québec ?
En vertu de la Charte des droits et libertés de la personne, les propriétaires ne peuvent pas discriminer les personnes en situation de handicap qui ont besoin d’un chien d’assistance.
Puis-je entraîner mon propre chien d’assistance au Canada ?
Oui. L’entraînement par le propriétaire est permis au Québec, mais un soutien professionnel augmente les taux de réussite.
Si vous êtes situé à Laval ou sur la Rive-Nord de Montréal, nous offrons l’entraînement de chiens d’assistance pour une variété de handicaps. Si vous êtes à l’extérieur de notre région, nous pouvons également vous aider virtuellement.
Apprenez-en davantage sur notre programme de chiens d’assistance ici.
